lundi 2 mai 2011
Tu seras un Homme, mon fils de Rudyard KIPLING
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.
samedi 13 mars 2010
Le Mot et la Chose
Le Mot et la Chose - L’Abbé de Lataignant (1697 – 1779)
Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose
Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose
Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose
Mais c'est la chose avec le mot
Mais c'est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose
Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose
C'est qu'on peut dire encore le mot
Alors qu'on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c'est toujours quelque chose
De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu'il ne faut ajouter au mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose
Et que pour le jour où le mot
Viendra seul hélas sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose
Pour vous je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose
Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n'avez pas dit le mot
Qu'on est déjà prêt à la chose
Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur en la chose
Et bien voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous passerai la chose
Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose
Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose
Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose
Mais c'est la chose avec le mot
Mais c'est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose
Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose
C'est qu'on peut dire encore le mot
Alors qu'on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c'est toujours quelque chose
De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu'il ne faut ajouter au mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose
Et que pour le jour où le mot
Viendra seul hélas sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose
Pour vous je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose
Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n'avez pas dit le mot
Qu'on est déjà prêt à la chose
Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur en la chose
Et bien voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous passerai la chose
un poème célèbre d'Alphonse Allais
(sans doute atteint de subjonctivite !)
Ah ! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Que fièrement vous vous tussiez.
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me desespérassiez,
Et que je vous idolâtrasse,
Pour que vous m'assassinassiez.
Ah ! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Que fièrement vous vous tussiez.
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me desespérassiez,
Et que je vous idolâtrasse,
Pour que vous m'assassinassiez.
Ballade à Colmar...
Invitation aux voyages...
On ne vit qu'une fois. Et encore ! (Marcel ACHARD).
A travers mes pérégrinations, voici une petite invitation aux voyages...

A voir ! (au format powerpoint)
A travers mes pérégrinations, voici une petite invitation aux voyages...

A voir ! (au format powerpoint)
Mais où est-ce qu'on les enterre ? Marie-Paule Belle
Deux-cent vingt-trois épouses parfaites
Trois-cent seize maris dévoués
Et quant aux bonnes mères,
Aux excellents pères
On ne peut même pas les compter
Cent quarante députés honnêtes
Deux-cent treize excellents voisins
Dans les cimetières
Y'a qu'à lire les pierres
Ce sont tous de petits saints
Mais où est-ce qu'on les enterre ceux qui sont méchants
Qui faisaient pleurer leurs mères battaient leurs enfants
Les antipathiques tous les renfrognés
Que personne n'a jamais jamais regretté
Mais où est-ce qu'on les enterre les vilains râleurs
Les huissiers et les belles-mères et les percepteurs
Les grippe-sous notoires et les créanciers
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Soixante-quinze plus que centenaires
Qui n'ont jamais ni bu ni fumé
Quarante hommes d'affaires
Que leurs actionnaires ont tenu à remercier
Six douzaines de chastes comédiennes
Qui vivaient pour l'art et la beauté
Dans les cimetières
Y'a qu'à lire les pierres
Ils seront tous canonisés
Mais où est-ce qu'on les enterre ceux qui sont méchants
Les maquereaux et les mégères tous les médisants
Ceux qu'on croise très vite dans les escaliers
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Mais où est-ce qu'on les enterre les vilains gagas
Qui vous parlent des heures entières de leurs estomacs
Les envieux chroniques et les constipés
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Mais où est-ce qu'on les enterre les gens des guichets
Qui se servent d'un formulaire pour vous torturer
Tyrans minuscules petits chefs ratés
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Mais où est-ce qu'on les enterre ceux qui sont méchants
Qui faisaient pleurer leur mère battaient leurs enfants
Les antipathiques tous les renfrognés
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Trois-cent seize maris dévoués
Et quant aux bonnes mères,
Aux excellents pères
On ne peut même pas les compter
Cent quarante députés honnêtes
Deux-cent treize excellents voisins
Dans les cimetières
Y'a qu'à lire les pierres
Ce sont tous de petits saints
Mais où est-ce qu'on les enterre ceux qui sont méchants
Qui faisaient pleurer leurs mères battaient leurs enfants
Les antipathiques tous les renfrognés
Que personne n'a jamais jamais regretté
Mais où est-ce qu'on les enterre les vilains râleurs
Les huissiers et les belles-mères et les percepteurs
Les grippe-sous notoires et les créanciers
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Soixante-quinze plus que centenaires
Qui n'ont jamais ni bu ni fumé
Quarante hommes d'affaires
Que leurs actionnaires ont tenu à remercier
Six douzaines de chastes comédiennes
Qui vivaient pour l'art et la beauté
Dans les cimetières
Y'a qu'à lire les pierres
Ils seront tous canonisés
Mais où est-ce qu'on les enterre ceux qui sont méchants
Les maquereaux et les mégères tous les médisants
Ceux qu'on croise très vite dans les escaliers
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Mais où est-ce qu'on les enterre les vilains gagas
Qui vous parlent des heures entières de leurs estomacs
Les envieux chroniques et les constipés
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Mais où est-ce qu'on les enterre les gens des guichets
Qui se servent d'un formulaire pour vous torturer
Tyrans minuscules petits chefs ratés
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Mais où est-ce qu'on les enterre ceux qui sont méchants
Qui faisaient pleurer leur mère battaient leurs enfants
Les antipathiques tous les renfrognés
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
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