jeudi 27 décembre 2012

L’homme qui voulait être heureux.

de Laurent Gounelle 

Extrait...

Chacun de nous porte en lui une constellation de croyances, elles sont innombrables et dirigent notre vie. On peut affirmer qu'elles ne sont pas la réalité


L’effet placebo  
Ce que je lus confirma ce qu'avait rapidement évoqué le guérisseur : les laboratoires pharmaceutiques réunissaient des patients volontaires, atteints d'une maladie. Ils distribuaient à la moitié d'entre eux le médicament qu'ils venaient de mettre au point pour soigner cette maladie et donnaient à l'autre moitié un placebo, c'est-à-dire une substance inactive parfaitement neutre, qui avait l'aspect d'un médicament. Ces patients, bien sûr, ne savaient pas qu'on leur avait prescrit un placebo : ils croyaient que c'était un médicament censé guérir leur mal. Les chercheurs mesuraient ensuite les résultats obtenus dans chacun des deux groupes de patients. Pour qu'ils puissent démontrer l'efficacité de leur médicament, il fallait que les malades l'ayant absorbé présentent des résultats supérieurs à ceux constatés dans le groupe de personnes ayant pris le placebo.

Je découvris ainsi que les placebos avaient un certain impact sur les maladies, ce qui était déjà extrêmement surprenant, puisqu'il s'agissait de maladies réelles et que les placebos étaient, quant à eux, des substances tout à fait inactives. Le seul apport était donc psychologique : les patients croyaient qu'il s'agissait d'un médicament et donc croyaient que cela allait les guérir. Et, dans certains cas, cela suffisait effectivement à les guérir. Ce qui me fit vraiment réagir, c'est le nombre de cas pour lesquels la croyance en la guérison suffisait à guérir le patient. Il était en moyenne de 30 % ! Même des douleurs pouvaient disparaître ! Un placebo était aussi efficace que la morphine dans 54 % des cas ! Des patients avaient mal, ils souffraient, et l'absorption d'un vulgaire comprimé de sucre ou de je ne sais quel ingrédient neutre supprimait leur douleur. II suffisait qu'ils y croient...

Je continuai de consulter, médusé, quantité de chiffres similaires concernant des maladies diverses et variées. Puis je tombai sur le chiffre qui me cloua sur place, les doigts comme englués sur le clavier : on avait administré à des malades un placebo présenté comme de la chimiothérapie et 33 % d'entre eux avaient intégralement perdu leurs cheveux. J'en restai bouche bée devant mon écran. 
Ces malades avaient avalé l'équivalent d'un morceau de sucre en croyant que c'était un médicament dont l'effet secondaire bien connu est la perte des cheveux, et ils avaient effectivement perdu leurs cheveux ! Mais ils n'avaient rien avalé d'autre qu'un putain de morceau de sucre, nom de Dieu! J'étais pétrifié, confondu par ce pouvoir des croyances sur lequel avait tant insisté le guérisseur. C'était tout simplement incroyable. Et pourtant, les chiffres étaient bien réels, publiés par un très sérieux laboratoire, réputé pour ses chimiothérapies.

Le mensonge

— Pourquoi avez-vous menti une fois de plus ?
Je n'allais pas nier et m'enfoncer dans le mensonge. D'ailleurs, cela n'aurait servi à rien : cet homme lisait dans mes pensées.

— Pour ne pas vous vexer en vous disant que je n'aime pas votre nourriture et que je déteste manger à la balinaise en ayant les mains collantes...

- Si je ne peux pas comprendre ça, et si je me vexe, c'est mon problème, pas le vôtre. - Pardon ?!

— Ce n'est pas le message qui peut vexer, mais la façon de le transmettre, de le formuler. Si on y met la forme, par exemple en remerciant l'autre pour son intention positive, on ne le vexe pas. Ou sinon, c'est qu'il est particulièrement susceptible, et alors c'est, d'une certaine manière, son problème, pas le vôtre.

- Vous savez, je crois que j'ai aussi fait ça parce que c'était plus simple que d'expliquer la vérité.

- Là, vous vous leurrez gentiment. Quand vous ne dites pas la vérité aux gens, vous leur fournissez la tentation de contourner vos arguments, ce qui vous amène à mentir de nouveau. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé. Au bout du compte, vous vous retrouvez contraint de faire quelque chose contre votre volonté, tel que manger un mets que vous n'aimez pas... Vous êtes donc doublement pénalisé.

— Doublement?

— Oui, parce que mentir est avant tout mauvais pour soi. Un peu comme si cela générait une énergie négative que l'on accumulerait en soi. 

Essayez la vérité : vous verrez, c'est libérateur, et on se sent beaucoup plus léger d'un seul coup.

— À propos de vérité, je n'ai pas suivi votre consigne d'hier : je n'ai pas gravi le mont Skouwo.
— Je n'en suis pas surpris.
— Je n'en avais pas envie, alors je ne l'ai pas fait.
— Et cela fait quel effet de dire la vérité, tout simplement ?
— Je reconnais que c'est agréable. C'est une douce sensation.


La chance

- Je crois déjà que je n'ai pas beaucoup de chance d'une façon générale. Pour réussir sa vie, il faut de la chance, et je ne suis pas quelqu'un de très chanceux...

— Vous disiez, tout à l'heure, que vous n'étiez pas religieux, dit-il en riant, mais vous êtes superstitieux ! Je ne crois pas en la chance. Je crois que chacun rencontre dans son existence un grand nombre d'opportunités en tout genre, et que certains savent les repérer et les saisir, d'autres pas.

— Peut-être...

— Il y a eu une expérience très drôle, menée récemment en Europe, si ma mémoire est bonne. Elle visait à soumettre des volontaires, dont certains se disaient chanceux et d'autres pas, à une épreuve. Chacun se voyait confier un journal, et on lui donnait quelques minutes pour compter le nombre précis de photos publiées à l'intérieur. Au bout de quelques pages, un encart assez grand apparaissait au beau milieu du journal, indiquant en très gros caractères : « Inutile de continuer de compter : il y a 46 photos dans ce journal. »

- Les gens qui se disaient chanceux se sont tous arrêtés à la lecture de ce message. Ils ont refermé le journal et dit au chercheur : «II y a 46 photos.» D'après vous, qu'ont fait les gens qui se disaient non chanceux?

— Je ne sais pas... Je dirais qu'ils ont pensé qu'il devait y avoir un piège quelque part, et ils ont continué de compter jusqu'au bout pour en être sûrs, avant de donner le chiffre ?

- Non. Il est vrai qu'ils ont continué de compter jusqu'à la fin du journal, mais, quand on leur a demandé pourquoi ils n'avaient pas tenu compte de l'encart, ils ont tous dit: «Un encart? Quel encart ? » Aucun d'eux ne l'avait vu !

— Intéressant, en effet...

- Oui, je suis convaincu que vous avez autant de chance que tout le monde, mais peut-être ne prêtez-vous pas attention aux opportunités qui s'offrent à vous.


La peur

— Il n'aura sans doute pas envie de gâcher du temps à aider quelqu'un qui n'est même pas un proche ou un membre de sa famille.

— Si c'était vous, vous n'aideriez pas quelqu'un qui vient vous demander conseil sur votre métier?

— Si, si, bien sûr.

Il me regarda dans les yeux.

— De quoi avez-vous peur, alors? me demanda-t-il avec une infinie douceur.

J'eus, une fois de plus, le sentiment qu'il posait son doigt précisément là où il fallait, si bien qu'il n'avait pas besoin d'appuyer fort pour produire un effet. Le mot «peur» avait un écho particulier en moi. Pendant quelques instants, il résonna comme un gong dans ma cage thoracique, un gong dont les vibrations descendaient profondément dans les méandres de ma personnalité. Ce qui remonta à la surface m'apparut alors comme une évidence.

- J'ai peur de me faire rembarrer, donc je préfère ne pas prendre le risque.

Rien que d'y penser, je ressentais la honte que j'aurais si mon ancien patron m'envoyait bouler.

— Votre peur provient d'une confusion, d'un amalgame entre le rejet d'une demande et le rejet d'une personne. Ce n'est pas parce que l'on décline une requête de votre part que l'on ne vous aime pas ou que l'on n'a pas de considération pour vous.

— Peut-être.

- D'autre part, vous ne savez absolument pas si sa réaction serait négative. On ne peut pas répondre à la place des gens. C'est seulement en posant la question que vous serez fixé.

— Je ne suis sans doute pas assez masochiste.

— La plupart de nos peurs sont des créations de notre esprit. Vous ne le comprenez probablement pas, mais savoir se tourner vers les autres pour leur demander quelque chose est fondamental. Tous les gens qui réussissent leur vie ont cette compétence.

— J'en ai peut-être d'autres qui compensent celle-ci que je n'ai pas...

— Il faut absolument que vous l'acquériez. On ne fait pas grand-chose dans la vie si on ne sait pas aller vers les autres et demander un soutien, un appui, de l'aide, des conseils, des contacts.


Responsable

Chacun est responsable de sa propre appréciation. Vous n’êtes pas responsable des opinions d’autrui.
 
Quand on raisonne par groupes, par ensembles, par camps, on fait abstraction des particularités, de la valeur et de l'apport de chaque individu, et on tombe facilement dans le simplisme et la généralisation. On parle des travailleurs, des fonctionnaires, des scientifiques, des paysans, des artistes, des immigrés, des bourgeois, des femmes au foyer. On bâtit des théories qui servent nos croyances. Et non seulement la plupart de ces théories sont fausses, mais elles poussent les gens à devenir ce que la théorie dit qu'ils sont.

— Je comprends.

— On fait un grand pas dans la vie quand on cesse de généraliser ce qui concerne les autres, et que l'on considère chacun individuellement, même s'il fait de toute façon partie d'un tout qui le dépasse, l'humanité et, même au-delà, l'univers.

Mais il ne faut pas vous confier aux personnes qui chercheraient à vous décourager juste pour répondre à leurs propres besoins psychologiques. Par exemple, il y a des gens qui se sentent mieux quand vous allez mal, et qui font donc tout pour que vous n'alliez pas mieux! Ou d'autres qui détesteraient vous voir réaliser vos rêves car cela leur rappellerait leur absence de courage pour réaliser les leurs. Il existe aussi des gens qui se sentent valorisés par vos difficultés parce que cela leur donne l'occasion de vous aider. Dans ce cas, les projets qui viennent de vous leur coupent l'herbe sous le pied, et ils feront ce qu'ils peuvent pour vous en dissuader. Cela ne sert à rien de leur en vouloir car ils font cela inconsciemment. Mais il est préférable de ne pas leur confier vos plans. Ils vous feraient perdre votre confiance en vous. Vous vous souvenez qu'hier nous avons parlé du bébé qui apprend à marcher et ne se décourage jamais, malgré ses échecs à répétition? - Oui.

— S'il persévère et finit par réussir, c'est notamment parce que aucun parent au monde ne doute de la capacité de son enfant à marcher, et aucune personne au monde ne va le décourager dans ses tentatives. Alors qu'une fois adulte, nombreux seront les gens qui vont le dissuader de réaliser ses rêves.

— C'est sûr...

- C'est pour cela qu'il convient de vous éloigner de ces personnes-là ou de ne pas leur parler de vos projets. Sinon, vous rejoindrez les millions de gens qui n'ont pas la vie qu'ils désiraient.

— Je comprends.

— En revanche, il est très positif d'avoir dans votre entourage une ou deux personnes qui croient en vous.

Faites vous-même votre malheur



Paul WATZLAWICK
Edition du Seuil

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski.
Et, pourtant, ils se ramènent à une banalité connue depuis des temps immémoriaux : 1*homme n'est guère fait pour s'accommoder de la pure béatitude.

Nos cousins à sang chaud du royaume animal ne sont d'ailleurs pas mieux lotis que nous. Que l'on veuille bien considérer seulement les effets monstrueux de leur vie confinée et protégée dans les zoos, qui, mettant ces splendides créatures à l'abri des périls, de la faim et des maladies (y compris la carie dentaire), a vite fait de les transformer en l'équivalent des névrosés et des psychotiques humains.

On ne peut que déplorer que son répertoire de vieux adages sagaces ne renferme point celui-ci, déjà connu des Romains : Ducunt fata volenlem, nolentem trahunt le destin guide celui qui l'accepte et traîne celui qui le refuse.

Et l'on pense à Oscar Wilde et à son aphorisme célèbre et souvent plagié - il est deux tragédies dans l'existence: L’une est de ne pas réaliser son rêve ; l'autre est de le réaliser.

Le Séducteur de Hermann Hesse (dans le poème qui porte ce titre) implore en ces termes la personnification de ses désirs ; « Résiste-moi, jolie femme, boutonne bien ta robe ! Enchante-moi, tourmente-moi mais ne m'accorde pas tes faveurs» car il sait fort bien que «la réalité détruit le rêve».

La vengeance est un acte que l’on brûle de commettre alors que l’on est impuissant et parce que l’on est impuissant: dès que le sentiment d'impuissance disparaît, le désir de vengeance s'évapore avec lui.

Bref, la situation est désespérée, et la solution désespérément simple.

Arrêter de vouloir tout contrôler...

Source dossier arrêter de vouloir tout contrôler – 
psychologie magazine n° 303 janvier 2011

Le contrôle est avant tout un mécanisme de défense qui exprime un besoin de protection émotionnelle et affective. L’individu se comporte de manière à se donner l’impression d’agir au lieu de subir… 
(pour le psychiatre Stéphanie HAHUSSEAU


En tenant à distance ses sentiments et ses émotions, il a eu l’impression de se protéger mais aussi de ne plus être tout à fait vivant…


Accueillir l’instant présent, ressentir sans censurer, penser sans préjuger, accepter ce qui ne peut être changé… tels sont quelques-uns des antidotes au contrôle de soi et des autres. Des voies d’exploration pour lâcher prise et dire vraiment oui à la vie.


Proverbe : mets les choses à leur place, à la tienne elles te placent.


La manière dont il a été regardé, petit, joue donc un rôle primordial dans la façon dont il se percevra par la suite…

Nous ne nous touchons plus, nous nous observons, nous nous séduisons virtuellement, ce qui permet d'entretenir cette illusion de l'autonomie, mais qui renvoie en fait à une profonde solitude, note Alain Vanier. 
Tout contact physique avec l'autre devient menaçant. C'est la crainte de la contamination, une tentative de protection de notre propre corps contre tout ce qui pourrait l'entamer.» Nous passons aussi notre temps à nous évaluer par rapport aux autres, à nous sentir moins bien que le voisin, à craindre que notre silhouette ne soit pas assez désirable, pas assez "conforme"... 
"Sous des dehors de liberté, notre société exige et engendre une forme de police intime".
Alain VANIER, psychiatre et psychanalyste – Laisser vivre son corps

… nous nous imposerions une barrière morale…


Leçons de TAO

Tout change tout le temps

Je ne dis plus «je suis comme ça» ou «C’est comme ça». Car au moment même ou je finis ma phrase, ce n’est déjà plus «comme ça» !

Chaque chose implique son contraire : c'est pourquoi je renonce à porter des jugements
 
J'oublie les notions de chance et de malchance : la catastrophe d'aujourd'hui pourrait demain se révéler une aubaine. Et réciproquement.

Je freine mon enthousiasme quand les choses vont bien. Je ne cède pas au découragement quand elles vont mal.
 
Je me garde de mettre des étiquettes : j'apprends à moduler mes opinions.

L’énergie qui me traverse me vient de l’univers Mais c’est à moi de la cultiver
 
Je m'habitue à respirer profondément et «en conscience» : en inspirant, j'absorbe le qi intègre; en expirant, je rejette les souffles viciés.
 
Chaque matin, j'aère toutes les pièces de la maison.
 
Si ma posture est mauvaise, mon qi circule moins bien :

je pense à redresser mon dos, détendre mes épaules, décrisper mes mains et mes pieds.

Avons-nous vraiment envie d’aimer ?

FÉVRIER 2011 PSYCHOLOGIES MAGAZINE

LE DOSSIER (RE)TOMBER AMOUREUX


Avons-nous vraiment envie d’aimer ? par Hélène FRESNEL

…Pour certains, prendre le risque d'être rejeté par celui ou celle dont ils sont amoureux est inconcevable. Ils préfèrent être aimés plutôt que tomber amoureux tant ils craignent de dépendre de l'autre, d'en être oublié ou méprisé. L'amour leur apparaît comme un sentiment dangereux. Ils choisissent donc de s'en passer et compensent comme ils peuvent, par exemple en s'investissant et en grimpant dans la hiérarchie au travail…


…surinvestir affectivement ses enfants peut faire des ravages dans le développement de la future aptitude à aimer : « Certains adultes ont été tellement gavés d'amour dans leur enfance qu'ils n'ont pas pu trouver en eux l'espace d'un manque, la sensation de vide intérieur qui permet de tomber amoureux. Leurs parents se sont tellement voués à eux, ont tellement devancé leurs désirs, les ont tellement fait baigner dans la jouissance, c'est-à-dire la satisfaction, qu'ils ferment par la suite leur porte au sentiment. »


Mais à partir du moment où l'on enchaîne les relations dans une logique essentiellement sexuelle et consumériste, les chances d'aimer sont nulles parce qu'il ne reste aucune place pour les sentiments. «Tomber amoureux nécessite des périodes de vide, des phases solitaires et mélancoliques, des épisodes « gris », tristes, ennuyeux.


Désir et sentiment ne fusionnent que sporadiquement.


…« l'amour et le désir ont en commun le manque, mais la grande différence, c'est que le désir ne connaît pas son objet. Il erre.


Lucy VINCENT, neurobiologiste

…les récepteurs de l'ocytocine, hormone qui déclenche en nous attirance sexuelle et sentiment amoureux. Quand nous croisons un être du sexe opposé, notre cerveau capte et analyse les signaux visuels, sonores, olfactifs, sans que nous en ayons conscience. C'est grâce à cela que nous saurons si la personne face à nous est susceptible ou non de devenir un bon partenaire. La zone du cerveau impliquée dans ce processus est le système limbique, c'est-à-dire toute la zone préfrontale du cerveau, et en particulier l'amygdale.

Les nuits d'une demoiselle interprétées par Colette Renard

Les nuits d'une demoiselle interprétées par Colette Renard


Que c'est bon d'être demoiselle
Car le soir dans mon petit lit
Quand l'étoile Vénus étincelle
Quand doucement tombe la nuit

Je me fais sucer la friandise
Je me fais caresser le gardon
Je me fais empeser la chemise
Je me fais picorer le bonbon

Je me fais frotter la péninsule
Je me fais béliner le joyau
Je me fais remplir le vestibule
Je me fais ramoner l'abricot

Je me fais farcir la mottelette
Je me fais couvrir le rigondonne
Je me fais gonfler la mouflette
Je me fais donner le picotin

Je me fais laminer l'écrevisse
Je me fais foyer le coeur fendu
Je me fais tailler la pelisse
Je me fais planter le mont velu

Je me fais briquer le casse-noisettes
Je me fais mamourer le bibelot
Je me fais sabrer la sucette
Je me fais reluire le berlingot

Je me fais gauler la mignardise
Je me fais rafraîchir le tison
Je me fais grossir la cerise
Je me fais nourrir le hérisson

Je me fais chevaucher la chosette
je me fais chatouiller le bijou
Je me fais bricoler la cliquette
Je me fais gâter le matou

Et vous me demanderez peut-être
Ce que je fais le jour durant
Oh! cela tient en peu de lettres
Le jour , je baise, tout simplement

Humour


Une femme demande à son mari :
Dis-moi chéri, quel genre de femme préférerais-tu avoir ? Une femme intelligente ou une femme belle ? Mais, aucune des deux ma chérie, tu sais bien que c’est toi que j’ai choisi !!!


La nouvelle institutrice a envie d'inculquer des notions de psychologie à ses élèves. Elle s'adresse à la classe en ces termes : - Que celui qui a l'impression d'être stupide par moment se lève! Après une bonne dizaine de secondes, Toto (encore lui!!) se lève... de mauvaise grâce. L'institutrice étonnée lui demande : 
- Alors comme ça Toto, tu penses que de temps en temps tu peux être stupide ?
- Non m'dame, mais ça me faisait de la peine de vous voir toute seule debout.


Un vieux monsieur fréquente le même club du troisième âge qu'une veuve qu'il aime secrètement. Un jour, prenant son courage à deux mains, il la demande en mariage et elle accepte avec enthousiasme. Le lendemain le vieux monsieur lui téléphone.
- Ce que j'ai à vous dire est un peu embarrassant. Hier je vous ai demandé en mariage, et je ne me souviens pas si vous m'avez répondu oui ou non. 
- Oh, comme je suis contente que vous m'appeliez ! Je me souvenais d'avoir dit oui, mais je ne savais plus à qui.



Les Bleus progressent !!

Coup de boule avec Zidane,
Coup de main avec Henry
Coup de queue avec Ribery
Ça descend, ils vont bientôt (enfin) jouer avec les pieds !!!
 

Citations

Pour critiquer les gens, il faut les connaître, et pour les connaître, il faut les aimer
Coluche
 

Ce n'est pas la peine pour un journaliste d'avoir du talent à la cinquième ligne ... si le lecteur ne dépasse pas la troisième.
Françoise Giroud

Un ami c’est quelqu’un qui vous connaît bien et qui vous aime quand même. 

Hervé Lauwick

La sagesse est de voir le nouveau dans l'ordinaire, en s'accommodant du monde tel qu'il est. Il y a des trésors cachés dans l'instant présent. 

Moine et poète japonais (Santoka)

Il ne faut pas juger un homme sur ses fréquentations : Judas, par exemple, avait des amis irréprochables...

La solitude est très belle... quand on a prés de soi quelqu'un a qui le dire.
Gustavo A. Becquer

Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif et son futur est toujours conditionnel 

Jean Cocteau 

Quand on lui a proposé d’être décoré de l’ordre du Mérite, Godard a refusé, il a dit : Premièrement, je n’ai aucun mérite, et deuxièmement, je n’ai d’ordre à recevoir de personne.


Pardonne mes lèvres, elles trouvent du plaisir dans les endroits les plus inattendus
Tiré du film une grande année de Ridley Scott
 


La simplicité peut être plus difficile à atteindre que la complexité : il faut travailler dur pour arriver à faire simple.
Steve Jobs 

Nos émotions nous manipulent

Le 24 mai 2012 / Le Point 2071

Nos émotions nous manipulent… et c’est tant mieux !

A notre insu
Une perception donnée influe sur le comportement. A notre insu. On fait lire à des sujets une série de mots, vaguement liée au troisième âge (« Floride, bridge, ancien»), ils quittent la salle en marchant plus lentement qu'à leur entrée. Si on leur donne une liste de mots tels que « grossier, irritant, intrusion», ils seront plus enclins à couper la parole à leur interlocuteur dans une conversation tenue, alors que l'expérience est supposée finie. Magique, cette influence marche dans les deux sens. Ainsi si on raconte à un étudiant qui s'apprête à subir un examen des histoires de succès éclatants, il réussira mieux. Si on emploie les mots «réussir, maîtriser, réaliser» dans une phrase, ses résultats seront meilleurs. Attention, si vous jouez sur les stéréotypes négatifs, l'inverse se produira. David Brooks cite une dernière étude. Il est rappelé à des étudiants afro-américains entrant dans une salle d'examens qu'ils sont afro-américains, leurs notes ont été sensiblement inférieures que si rien ne leur avait été dit. Dans une autre expérience, on a souligné à des femmes originaires d'Asie avant un examen de maths qu'elles étaient asiatiques. Elles ont mieux réussi. Quand on leur a rappelé qu'elles étaient des femmes, elles ont fait moins bien.

Nous n'agissons pas mus par notre raison ou notre intelligence. A notre insu, nous sommes gouvernés par nos émotions. Comme ces étudiants oui réussirent mieux parce qu'une «empathie fut induite entre eux et le mathématicien Jackson. Nos émotions « mesurent la valeur des choses, nous aident à nous orienter, nous détournent de ce qui nous ferait souffrir et nous rapprochent de ce qui pourrait nous épanouir». Il n'y a pas de commandant de bord installé au poste de pilotage qui prenne les décisions, mais un esprit bombardé « de millions de stimuli ,foisonnement désordonné et abrutissant de sons, d'images, d'odeurs et de mouvements, qui produit un nombre quasi infini de jugements de valeur, qui s'accumulent pour former des objectifs, des ambitions, des rêves, des désirs».

Egan Varley écrit à Cyrano de Bergerac

Egan Varley écrit à Cyrano de Bergerac
 

Amour

Cher Maître,
Comme Christian hélas le courage me manque pour séduire ma belle. Auriez-vous quelque recette pour conter fleurette avec grâce?


Christian de Neuvillette, amant infortuné
A pu, si j’ose dire, m’ôter les vers du nez
Pour vaincre galamment la douce forteresse
De la belle Roxane qu’il voulait pour maîtresse.
 

Mais si j’offris ma verve à ses tendres assauts
La raison n’était point que je le jugeais sot.
Si je trouvai les mots pour faire chavirer
L’esquif des yeux d’opale de l’amie désirée
 

Remplaçant le désir par de l’abnégation
C’est que mon amour fut plus fort que ma passion.
Je voulais qu’en secret ce fut un peu de moi
Qui retourna ce cœur et le tint en émoi
 

Qu’à ma place Christian dise pour la séduire
Ce que mon nez trop long m’empêchait de lui dire.
Pour tout cela Patrick, il faut que je vous dise
Que je ne connais pas de recette précise
 

Pour bien accommoder les discours amoureux,
Et pouvoir à coup sûr les rendre savoureux,
Si ce n’est qu’à loisir saupoudrer tour à tour
Une pincée d’esprit, une pincée d’amour.

Pour qu’ici je vous livre des lignes toutes faites
Pour monter à l’assaut sans risque de défaite
Il faudrait que mon cœur brûle pour votre belle
Et que déjà les cornes pointent sous votre ombrelle
 

Or ce n’est pas mon but, la différence d’âge
(Presque quatre cents ans) freine un peu mon ramage
Et de plus le respect qu’on doit –dit Du Montay-
A nos correspondants interdit de monter
 

Dessus leurs plates-bandes fussent-elles amoureuses,
D’autant plus que ma botte les rendrait douloureuses.
Pourtant, étant un peu fanfaron et cabot,
Cédant au vil plaisir de gonfler mon jabot,
Et quitte à faire accroire que je radote aussi
Je ne résiste pas à répéter ici
Ce couplet bien troussé que je tournai jadis
 

Au balcon de Roxane,
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Acte III, scène 10 
 

Le baiser:
« Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce?
Un serment fait d'un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer;
 

C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d'un peu se respirer le cœur,
Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme! »

Parlez, faites des mots, pour séduire la dame,
Cherchez en votre cœur la délicate clef
Mais ne forcez pas trop la porte s’il vous plait.
On risque un coup de sang quand le sang est trop chaud
Car il est de nos femmes comme des artichauts
Avant que d’embrasser la main fine ou le bras
Commencez par le cœur et le reste suivra.

Signé : Hercule-Savinien
De Cyrano de Bergerac,
Grand riposteur du tac au tac.
Philosophe, physicien,
Rimeur, bretteur, musicien,
Et voyageur aérien,
Amant aussi pas pour son bien.

Réflexions


Le sel de l’existence

Toute expérience passe par nos sens. Si nous méditions plus souvent cette vérité, nous prendrions davantage le temps de voir, de toucher, d’écouter, de humer et de goûter. En concentrant notre attention sur le moment présent, nous faisons barrage aux ruminations amères sur le passé et aux projections anxieuses sur l’avenir.
 

Le gras est diabolisé !
 

Diabolisé, le gras est banni de l’assiette de ceux qui pensent prendre soin de leur santé. C’est oublier que plus on interdit, plus on se contrôle, plus on nourrit l’obsession et le désir de transgression. C’est oublier aussi que le gras est le principal exhausteur de goût. C’est lui qui permet aux saveurs de se développer et donc de donner au cerveau des messages de plaisir.


Considérations intéressantes !
 

Tout ceci n'est qu'une hypothèse, mais le raisonnement se tient !!!Imaginons que le gouvernement Français concède à chacun d'entre nous une bourse de 500 euros pour relancer la consommation. ( je confirme :c'est une supposition !!)- Si nous la dépensons au supermarché du coin ou en vêtement, cet argent part en Chine.- Si nous dépensons l'argent en carburant, il part chez les Arabes.- Si nous achetons un ordinateur, il ira en Inde.-Si on achète des fruits et des légumes, l'argent va en Espagne ou au Maroc .-Si on achète une bonne bagnole, notre fric va en Allemagne- Si on achète des babioles, il part à Taïwan et n'aidera toujours pas notre économie. La seule façon de maintenir l'argent en France, c'est de le dépenser en achetant du vin ou du champagne, si l'on considère que ce sont les uniques biens encore produits chez nous. Donc, en faisant la bringue, j'accomplis mon devoir civique...C'est vraiment la crise...Finalement, il reste le pinard et le champ !!!Alors pour aider notre système économique national : PICOLEZ !


Pour info : la Fête de l'Eau a fait près de 400 morts au Cambodge tandis que celle du Beaujolais s'est déroulée sans aucun problème...

Liberté de Paul Eluard

Liberté de Paul Eluard


Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.


Paul Eluard
in Poésies et vérités 1942 (Ed. de Minuit, 1942)

lundi 2 mai 2011

Les expressions nées de la mer

Le spectacle "battait son plein", le public "était en nage", l'artiste a "fait un tabac". Une fan a voulu lui "mettre le grappin dessus" mais la femme du chanteur "veillait au grain" et là, "pas de quartier" ! Dans "quelle galère" la fan s'est-elle fourrée ! Vous pensez que cette histoire n'a rien à voir avec la mer ? Détrompez-vous... De nombreuses expressions maritimes ont été intégrées au vocabulaire courant.

"En vrac"
Cette expression provient du mot néerlandais "wrac", qui signifiait "mauvais, endommagé". Cela désignait les poissons que l'on jetait dans les bacs sans même les empaqueter, ni même les ranger correctement.
Depuis, cette formulation s'est étendue à tous les produits non emballés, puis à toutes les choses en désordre ou que l'on n'a pas pris le soin de trier.
Vous ne le saviez pas ? Eh bien voilà, maintenant, vous pourrez faire le malin ou la maline auprès de vos proches en leur étalant votre culture...

C'est le branle-bas de combat

Cette expression est empruntée au langage de la marine. Au XVIIe siècle, les "branles" désignaient les hamacs qui faisaient office de lits aux marins.
Le "branle-bas" correspondait à un signal émis sur le navire le matin, et suite auquel chacun devait décrocher son hamac et nettoyer le bateau.
Il existait également "le branle-bas de combat", qui était un signal émis lorsque le bateau allait être attaqué. Les marins devaient alors décrocher leur couchage pour pouvoir avoir plus de place lors de la bataille. Tout ceci se faisait le plus rapidement possible, donc dans l'agitation.
C'est à partir du XIXe siècle que l'expression a commencé à être employée au sens figuré, symbolisant alors un remue-ménage, une agitation désorganisée.

Mettre le feu aux poudres
L'expression "mettre le feu aux poudres" provient aussi du langage de la marine.
On disait au XVIe siècle "mettre le feu aux étoupes". L'étoupe était utilisée pour fabriquer les mèches des armes. A cette époque, lorsque le capitaine du navire jugeait qu'un combat était perdu d'avance, il donnait parfois l'ordre de mettre le feu aux étoupes.
Ainsi, le maître canonnier approchait une mèche des barils de poudre qui étaient entreposés dans le bateau, et tous les marins se jetaient par-dessus bord avant que l'embarcation n'explose.
Les "étoupes" ont été remplacées par les "poudres" au XVIIIe siècle.
Dans un sens plus ancien, l'expression signifiait "déclencher des passions amoureuses".
Aujourd'hui, on l'utilise dans le sens de "engendrer des réactions violentes".

Mettre le grappin dessus
Aujourd'hui, on utilise cette expression dans le sens de "S'emparer de quelque chose, accaparer quelqu'un, le retenir contre sa volonté" (notamment dans le langage de la séduction pour désigner une personne envahissante, une "vamp"...)
Le terme grappin vient du monde maritime. Il désignait un crochet d'abordage qui, une fois lancé, permettait aux flibustiers des vaisseaux pirates de monter plus facilement à bord des bateaux attaqués. En tirant sur la corde reliée au crochet, on pouvait rapprocher le navire "cible", le retenir contre son gré, et s'en approprier les richesses.
L'expression s'est ensuite généralisée à toutes les situations où quelqu'un prend l'ascendant sur quelque chose ou quelqu'un.

Battre son plein
Cette expression signifie qu'un événement atteint son degré d'intensité le plus élevé. Plusieurs hypothèses expliquent l'origine de cette expression.
La première, qui n'a rien à voir avec la mer, évoque comme source de la locution le son "plein" que peut sortir un instrument de musique.
Selon la deuxième hypothèse, cette expression renvoie à l'eau. Dans son ouvrage "Dictionnaire des mots de la mer", Pol Corvez rappelle qu'en 1851, la définition de "battre son plein" est "[pour la mer] battre le rivage à marée haute". La marée est alors au plus haut niveau, au maximum de son activité : l'eau bat son plein.

Être du même bord
Autrefois, un "bord" désignait un navire. Les marins, qu'ils soient soldats, équipage de commerce ou voyageurs, étaient très solidaires face aux périls, attaques ou tempêtes, puisqu'ils naviguaient sur le même bateau. Ils oubliaient leur origine sociale, leur rang ou leur fonction pour tous œuvrer dans le même sens : celui du bien du navire.
C'est donc de ce domaine maritime qu'est née l'expression "être du même bord" qui signifie que deux personnes sont du même avis, de la même opinion.
Autre expression approchante : "être dans le même bateau", qui veut dire "se retrouver dans la même situation, partagée par tous".

C'est la galère !
De l'Antiquité au XVIIIe siècle, les galères étaient des bateaux sur lesquels les malfaiteurs étaient condamnés à purger leur peine.
En 1564, un édit fixa la durée minimum de cette peine à 10 ans. Attachés, bien souvent fouettés et maltraités, ils devaient ramer sans cesse pour faire avancer les navires. Les galères furent supprimés par Louis XV en 1748.
Les "galériens" furent par la suite appelés les "bagnards". Aujourd'hui, on emploie les expressions "C'est la galère" ou "C'est le bagne" pour dire qu'une situation est longue et difficile à surmonter.

Veiller au grain
Cette expression est aujourd'hui utilisée pour dire "faire attention, être prudent, veiller sur quelque chose ou quelqu'un avec une grande vigilance".
Née au milieu du XIXe siècle, elle trouve son origine dans le langage maritime. Pour les loups de mer, le grain est un "coup de vent momentané de force et de direction variables, avec des rafales, lié au passage d'un front froid, généralement accompagné d'averses de pluie ou de grêle, voire de neige", contre lequel il faut être très vigilant.
Avec le temps, l'expression est entrée dans le langage commun et on dit que l'on "veille au grain" lorsque l'on se méfie d'un événement qui pourrait nous être préjudiciable.

Pas de quartier !
Autrefois, les quartiers de sauveté étaient des lieux où les troupes étaient en sécurité et où les soldats pouvaient se reposer. Ces cantonnements évoquaient donc la sécurité et les bons traitements.
Par la suite, un "quartier" a désigné une mesure qui permettait de laisser la vie sauve à des prisonniers. Le mot est devenu synonyme de "grâce", "vie sauve" ou "miséricorde". On employait alors les expressions "faire quartier" ou "ne pas faire de quartier" en fonction des décisions qui étaient prises quant aux captifs. En gros, ne pas faire de quartier signifiait massacrer tout le monde...
Depuis leur apparition au XVIIe siècle, seule la forme négative a subsisté. Elle signifie qu'une personne est impitoyable et ne fait preuve d'aucune tolérance.

Être en nage
Il semble que cette expression ait été déformée au fil du temps. En effet, on disait autrefois "être à nage". Selon Émile Littré, l'expression "être à nage ou en nage" signifiait dès le XVIe siècle nager dans l'eau ou dans tout autre liquide. Mais au sens figuré, la signification devenait "être tout mouillé"."Être en nage" est donc une image que l'on attribue à une personne qui est en sueur.

Faire un tabac
Dans le langage maritime du XIXe siècle, on appelait "un coup de tabac" une tempête soudaine qui endommageait la coque des bateaux. Cette expression s'est étendue au bruit provoqué par le tonnerre lors d'un orage, et par extension, au "tonnerre d'applaudissements" qui se faisait entendre lors d'une représentation théâtrale réussie.
"Faire un tabac" signifie aujourd'hui encore avoir du succès.

Passer à tabac
Au XIXe siècle, le nom "tabac" a pris le sens de "volée, coup". Sa racine "tabb" signifie "battre, frapper". "Passer à tabac" veut donc dire frapper violemment une personne.

Rendre la monnaie de sa pièce
Deux explications existent pour l'origine de cette expression qui signifie "se venger".
Elle pourrait être une référence à la Loi du Talion, sous une métaphore de l'argent. La Loi du Talion apparut en 1730 avant Jésus-Christ dans le code d'Hammourabi, roi de Babylone. Concrètement, elle incitait à la vengeance individuelle, la peine devant être égale au préjudice subi. "Rendre la monnaie de sa pièce" signifierait donc littéralement "rendre ce qui est dû", si l'on se réfère à la Loi du Talion.
Une autre explication proviendrait de la marine. A l'époque de la marine à voile, les soldats auraient eu l'habitude d'introduire une pièce à l'effigie du roi dans la poudre. Ainsi, lorsque le boulet frappait le navire ennemi, la "pièce" était rendue, et la vengeance accomplie.

La planche de salut
Aujourd'hui, la planche de salut est le dernier espoir, le dernier recours pour éviter qu'un ennui vous tombe sur le dos...

Là encore, c'est à la mer que l'on doit cette expression, apparue au XIXe siècle. Elle fait référence à la planche de bois, qui servait à l'embarquement et au débarquement à quai sur un bateau. Cette planche, tout comme d'autres débris de bois, pouvaient être utiles aux marins en cas de naufrage. Ils pouvaient alors s'y accrocher pour garder la vie sauve.
Qui n'a jamais lu les albums d'Astérix dans lesquels les pirates finissent toujours par tomber à la mer et s'accrocher à des planches du bateau ?!

Aller de conserve
Au XVIe siècle, le mot "conserve" prend le sens de "escorte". On trouve aussi la locution "de conserve" à ce moment-là dans le langage maritime.
Naviguer de conserve se dit alors pour des navires qui voguent ensemble, sans se perdre de vue, pour s'escorter et se protéger mutuellement en cas d'attaques de pirates.
Aujourd'hui, aller de conserve intègre toujours cette notion d'accompagnement. Cela signifie "aller ensemble".

La «dictée de Mérimée»


Un bon tour à jouer à vos amis, qui parleront un peu trop haut de leur science. Faites-leur faire la dictée que Prosper Mérimée proposa à Napoléon III, durant un séjour à Fontainebleau :


Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Saint-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veaux et les cuissots de chevreuils prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier.
 

Quelles que soient, quelque exiguës qu'aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données à maint et maint fusilier subtil la douairière ainsi que le marguillier, il était infâme d'en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis et de leur infliger une raclée, alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.
 

Quoi qu'il en soit, c'est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s'est laissé entraîner à prendre un râteau et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguillier sur son omoplate vieillie.
 

Deux alvéoles furent brisés, une dysenterie se déclara suivie d'une phtisie et l'imbécillité du malheureux s'accrut.

«Par St Hippolyte! Quelle hémorragie!» s'écria ce bélître! À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l'église tout entière.

Abraham Lincoln Président des Etats-Unis d’Amérique - 1860


« Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l'épargne. Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort. Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l'employeur. Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes. Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche. Vous ne pouvez pas éviter les ennuis en dépensant plus que vous ne gagnez. Vous ne pouvez pas forcer le caractère et le courage en décourageant l'initiative et l'indépendance. Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu'ils pourraient et devraient faire eux-mêmes. »

Tu seras un Homme, mon fils de Rudyard KIPLING


Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

samedi 13 mars 2010

Le Mot et la Chose

Le Mot et la Chose - L’Abbé de Lataignant (1697 – 1779)


Madame quel est votre mot

Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose

Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose


Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose

Mais c'est la chose avec le mot
Mais c'est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose

Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot

Tout l'avantage sur la chose

C'est qu'on peut dire encore le mot

Alors qu'on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c'est toujours quelque chose

De là je conclus que le mot

Doit être mis avant la chose
Qu'il ne faut ajouter au mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose

Et que pour le jour où le mot

Viendra seul hélas sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose

Pour vous je crois qu'avec le mot

Vous voyez toujours autre chose
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose

Que pour vous la chose et le mot

Doivent être la même chose
Et vous n'avez pas dit le mot
Qu'on est déjà prêt à la chose

Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur en la chose

Et bien voici mon dernier mot

Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous passerai la chose

un poème célèbre d'Alphonse Allais

(sans doute atteint de subjonctivite !)

Ah ! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Que fièrement vous vous tussiez.

Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me desespérassiez,
Et que je vous idolâtrasse,
Pour que vous m'assassinassiez.

Ballade à Colmar...

Une petite ballade à Colmar qui s'intitule "Un autre regard"


A voir !!


Toujours à Colmar, une façon agréable de se prendre la tête...


A voir !

Invitation aux voyages...

On ne vit qu'une fois. Et encore ! (Marcel ACHARD).

A travers mes pérégrinations, voici une petite invitation aux voyages...



A voir ! (au format powerpoint)

Ballade automnale... 2009

On attends avec impatience le printemps. Mais l'automne, c'est pas mal non plus !!

A voir !!